On trouve souvent une compréhension et une pratique erronées du test musculaire manuel (TMM). Ce système requiert bien plus qu’une simple pression exercée contre une extrémité et l’observation de sa résistance.

Les individus utilisant un test musculaire de mauvaise qualité ont généralement peu d’expérience en PAK ; ils pratiquent les tests pour un protocole d’évaluation limité, – habituellement pour de la nutrition – ou afin d’impressionner un patient ou un ami. Le test musculaire manuel est comme tout autre élément utilisé en diagnostic :  il ne supplante pas l’expertise, ni la discipline de l’examinateur l’utilisant. De la même façon qu’un stéthoscope utilisé par un individu non entraîné est plus qu’inutile. Récemment, l’ICAK a publié un document Index Medicus à propos de l’utilisation correcte du test musculaire manuel. La plupart des individus utilisant la kinésiologie n’observent pas ces stricts protocoles. (1)

Seuls les praticiens dotés d’un cursus diplômant de plus de 3500 heures peuvent suivre les formations en PAK. Ces professionnels incluent les chiropracteurs, les ostéopathes, les praticiens de médecine générale, les physiothérapeutes, les dentistes… (2)

L’un des objectifs de l’ICAK est de veiller à ce que les enseignants respectent les statuts et n’enseignent qu’aux professionnels de santé, en accord avec les statuts de l’ICAK et de ses chapitres nationaux.

La recherche occupe une place importante au sein de l’ICAK. Il s’agit de l’une des voies que l’ICAK privilégie pour continuer à améliorer les standards de l’enseignement et de la pratique de la PAK.

La définition actuelle du TMM utilisée par les kinésithérapeutes, les neurologues et les orthopédistes est la même  pour les professionnels utilisant les méthodes de TMM enseignées en PAK.

Le fondateur de la PAK, Georges Goodheart Jr D.C., n’a jamais modifié la méthodologie du TMM issue des travaux originaux de Kendall et Kendall. (3-4) Les standards de référence de l’évaluation du TMM tels qu’acceptés par l’ICAK sont les travaux originaux de Kendall et Kendall : Muscles: Testing and Function, ainsi que les modifications proposées par Goodheart dans ses ouvrages Applied Kinesiology Research Manuals. (4) L’ICAK, en enseignant les méthodes de TMM aux professionnels de sante diplômés, a toujours utilisé les méthodes des Kendall.

Le système de test des Kendall, et par association celui de l’ICAK, a maintenant été accepté par l’American Medical Association dans son Guides to the Evaluation of Permanent Impairment, 6th edition, comme méthode fiable et valide d’évaluation des atteintes neuro-musculo-squelettiques fonctionnelles, non-pathologiques, radiculaires et non-radiculaires. (5)

Tout jugement concernant les TMM tels qu’utilisés en PAK doivent inclure les plus de 20 documents de la CINAHL concernant la fiabilité, la contemporanéité, la convergence, la discrimination, la validité prédictive et les résultats cliniques des études portant sur les méthodes de TMM de PAK. (6) Un site internet donnant accès à 55 articles de recherche sur les méthodes de PAK indexées sur Pubmed, la référence evidence base la plus exigeante au monde existant de nos jours. Sur cette plateforme se trouvent également plus de 100 recherches peer reviewed et documents de résultats de recherche concernant la PAK. (7)

L’importance de l’évaluation du système moteur avec le TMM tel qu’enseigné en PAK est mise en évidence par les études suggérant qu’une défaillance de contrôle moteur soit la source la plus probable d’au moins 50% des syndromes de lombalgie. (8)

Actuellement, des éléments montrent clairement le fait que l’inflammation ou les lésions produisent des inhibitions musculaires spécifiquement identifiées. Des études cliniques contrôlées ont montré que des dysfonctionnements et douleurs se produisant spécifiquement dans la cheville, (9), le genou (10-12) la colonne lombaire (13-15), l’articulation temporo-mandibulaire (16) et la colonne cervicale (17-20) créeront des inhibitions musculaires. Ces données indiquent que la réaction du corps à un traumatisme et à la douleur n’est pas une augmentation de la tension musculaire et de la raideur, l’inhibition musculaire étant souvent plus significative.

700 études peer-reviewed sont disponibles à la lecture sur les sites de l’ICAK, montrant que le niveau d’activité musculaire n’est pas plus élevé que la norme dans la plupart des atteintes musculo-squelettiques, mais qu’elle est au contraire diminuée. (21)

Le TMM, lorsqu’il est enseigné et utilisé de façon correcte, offre au praticien la capacité de déterminer des facteurs causaux. Il n’existe aucune autre méthode de détection de la faiblesse musculaire ayant la même validité et la facilité d’utilisation que le TMM. (6)

Dans un article paru cette année, ainsi que dans une série d’articles antérieurs, Dishman et al. ont montré que les techniques manipulatives chiropratiques (TMC) menaient à une augmentation de l’excitabilité motrice plus qu’à une inhibition. (22) Plus spécifiquement, leurs rapport et revue de littérature montrent qu’il existe une facilitation post-synaptique des motoneurones α et des cortico-motoneurones qui pourrait être spécifique aux TMC.

De précédents travaux effectués par Dishman et par d’autres ont démontré qu’il existe un effet de renforcement immédiat sur les muscles périphériques après réalisation des TMC. (23-28) Dans les études précitées, chaque atteinte que les chiropracteurs et autres thérapeutes manuels rencontrent impliquent une forme quelconque d’inhibition musculaire. Ceci est la raison de la nécessité du TMM dans le contexte du diagnostic et du traitement manuel.

Ce facteur a été constamment démontré en PAK et autres systèmes manuels utilisant le TMM. Les procédures manipulatives étant spécifiquement destinées à améliorer le fonctionnement musculaire dans la vie quotidienne devraient améliorer le fonctionnement vertébral et diminuer les incapacités. (29-31)

Dès lors, assimiler la PAK aux « kinésiologies en tous genres » peut orienter vers un jugement très confus de son utilisation.

Le test musculaire doit être réalisé de manière précise et selon des critères bien définis dans la réalité bien des dérives difficillement détectable par le profane peuvent être utilisées, cette vidéo (en Anglais) montre quelques exemples : http://proprioception.org.uk/how-not-to-muscle-test/

L’une de ces kinésiologies est par exemple nommée « Touch for Health ». John Thie D.C. (un chiropraticien) a développé un simple résumé pour “soins à la maison”, dérivant de la PAK chiropratique, pouvant être enseigné aux patients en séminaires de week-end. De nombreuses kinésiologies (qui n’ont absolument rien à voir avec la PAK), divergent même dramatiquement du programme de soins à la maison de Thie, telle la kinésiologie astrologique. (32) Ces soi-disant kinésiologies ont peu de ressemblance avec le modèle parent de Touch for Health et moins encore avec leur modèle d’origine de PAK. Pour cette raison, elles ne doivent pas être confondues avec la PAK.

 

Un document récent  compare la PAK et les méthodes et pratiques dérivées de la PAK. (33)

 

Références :

 

1.       Schmitt W, Cuthbert S. Common errors and clinical guidelines for manual muscle testing: “the arm test” and other inaccurate procedures. Chiropr Osteopat. 2008; 16: 16. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2628341/.

2.       http://www.icak.com/college/status.shtml (Assessed March 16, 2013.)

3.       Kendall FP, McCreary EK, Provance PG: Muscles: Testing and Function. Baltimore, MD: Williams & Wilkins; 1993.

4.       Goodheart GJ: Applied Kinesiology Research Manuals, privately published yearly, Detroit, MI; 1964-1995.

5.       American medical association: guidelines to the evaluation of permanent impairment, 6th edition. 2007.

6.       Cuthbert SC, Goodheart GJ Jr: On the reliability and validity of manual muscle testing: a literature review, Chiropr Osteopat. 2007 Mar 6;15(1):4.

7.       http://www.appliedkinesiologyresearch.blogspot.com/.

8.       Mannion AF, Junge A, Taimela S, Müntener M, Lorenzo K, Dvorak J: Active therapy for chronic low back pain: part 3. Factors influencing self-rated disability and its change following therapy. Spine. 2001 Apr 15;26(8):920-9.

9.       Nicholas JA, Marino M: The relationship of injuries of the leg, foot, and ankle to proximal thigh strength in athletes, Foot Ankle. 1987 Feb;7(4):218-28.

10.    Slemenda C, Brandt KD, Heilman DK, Mazzuca S, Braunstein EM, Katz BP, Wolinsky FD: Quadriceps weakness and osteoarthritis of the knee. Ann Intern Med. 1997 Jul 15;127(2):97-104.

11.    Stokes M, Young A: Investigations of quadriceps inhibition: implications for clinical practice. Physiotherapy 1984;70:425-428.

12.    Spencer JD, Hayes KC, Alexander IJ: Knee joint effusion and quadriceps reflex inhibition in man. Arch Phys Med Rehab 1984;65:171-177.

13.    Nummi J, Jarvinen T, Stambej U, Wickstrom G: Diminished dynamic performance capacity of back and abdominal muscles in concrete reinforcement workers. Scand J Work Environ Health 1978, 4 Suppl 1:39-46.

14.    Hodges PW, Richardson CA: Inefficient muscular stabilization of the lumbar spine associated with low back pain. Spine 1996, 21:2640-2650.

15.    Hossain M, Nokes LDM: A model of dynamic sacro-iliac joint instability from malrecruitment of gluteus maximus and biceps femoris muscles resulting in low back pain. Medical Hypotheses 2005, 65(2):278-281.

16.    Zafar H: Integrated jaw and neck function in man. Studies of mandibular and head-neck movements during jaw opening-closing tasks. Swed Dent J Suppl, 2000;(143):1-41.

17.    Jull GA: Deep cervical flexor muscle dysfunction in whiplash. J Musculoskel Pain 2000;8:143-154.

18.    Jull G, Barret C, Magee R, Ho P: Further clinical clarification of the muscle dysfunction in cervical headache. Cephalgia 1999; 19:179-185.

19.    Vernon HT, Aker P, Aramenko M, Battershill D, Alepin A, Penner T: Evaluation of neck muscle strength with a modified sphygmomanometer dynamometer: reliability and validity. J Manipulative Physiol Ther. 1992 Jul-Aug;15(6):343-9.

20.    Edgerton VR, Wolf SL, Levendowski DJ, Roy RR: Theoretical basis for patterning EMG amplitudes to assess muscle dysfunction. Med Sci Sp Exer 1996;28:744-751.

21.    ICAK-USA and ICAK-International websites: AK Research Compendium. Dr. Scott Cuthbert, March 16, 2013. http://www.icakusa.com/research/,  and http://www.icak.com/index.php?option=com_content&view=article&id=68&Itemid=81.  (Accessed March 16, 2013.)

22.    Dishman JD, Greco DS, Burke JR: Motor-evoked potentials recorded from lumbar erector spinae muscles: a study of corticospinal excitability changes associated with spinal manipulation. J Manipulative Physiol Ther. 2008 May;31(4):258-70.

23.    Shambaugh P: Changes in Electrical Activity in Muscles Resulting from Chiropractic Adjustment: A Pilot Study. J Manipulative Physiol Ther 1987;10(6):300-304.

24.    Dishman JD, Bulbulian R: Spinal reflex attenuation associated with spinal manipulation. Spine 2000 Oct 1;25(19):2519-24;discussion 2525.

25.    Suter E, McMorland G: Decrease in elbow flexor inhibition after cervical spine manipulation in patients with chronic neck pain. Clin Biomech (Bristol, Avon). 2002 Aug;17(7):541-4.

26.    Floman Y, Liram N, Gilai AN: Spinal manipulation results in immediate H-reflex changes in patients with unilateral disc herniations. Eur Spine J 1997;6(6):398-401.

27.    Unger J: The effects of a pelvic blocking procedure upon muscle strength: a pilot study. Chiropractic Technique, Nov 1998;10(4).

28.    Perot D, Goubel F, Meldener R:  Quantification of the Inhibition of Muscular Strength Following the Application of a Chiropractic Maneuver. Journale de Biophysique et de Biomecanique 1986; 32(10):471-474.

29.    Lewit K: Manipulative Therapy in Rehabilitation of the Locomotor System, 3rd ed. London: Butterworths; 1999.

30.    Liebenson C. Ed: Rehabilitation of the Spine: A Practitioner’s Manual, 2nd ed. Philadelphia: Lippincott, Williams & Wilkins; 2007.

31.    Janda V: Muscle Function Testing. London: Butterworths; 1983.

32.    http://www.lizhamiltonkinesiology.com/astrologicalKinesiology.html.  (Assessed March 16, 2013).

33.    Rosner AL, Cuthbert SC. Applied kinesiology: distinctions in its definition and interpretation. J Bodyw Mov Ther. 2012 Oct;16(4):464-87.